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Tony Heurtebis, treize années de professionnalisme au compteur, assure avoir vécu sa meilleure saison. Le Nazairien se dit épanoui, malgré les rumeurs d'une possible arrivée d'un concurrent. : Michel FraudeauElle représente une satisfaction personnelle au vu du travail accompli. C'est le résultat d'une performance collective dont chacun de nous peut tirer bénéfice. Par mes prestations et par ce que j'ai démontré, j'ai pu conforter les dirigeants dans leur idée de me prolonger. Pour résumer, c'est du plaisir.
Vous semblez faire partie de ces gardiens qui doivent éternellement prouver ?
Un statut n'est jamais définitif. Mon premier match professionnel, je l'ai fait en 1995. Après le regard des gens est souvent lié aux dires des journalistes. Moi, je sais ce que j'ai réalisé et ce dont je suis capable. Dans ce milieu, tu es vite oublié. C'était la L2. Tu as moins de notoriété que des gardiens remplaçants de grands clubs de L1. Le fait d'avoir pu faire une série de matches en fin de saison dernière - malgré la déception de la descente - m'a permis de montrer que je pouvais être utile et de rester car il ne faut pas oublier qu'à l'époque, j'étais en fin de contrat. C'est toujours plus simple de se réaliser à travers une série que ponctuellement. D'ailleurs, j'associe cette fin de saison 2007 à celle qui s'achève ce soir. C'est la preuve que quand une opportunité se présente, il faut savoir la saisir. Je m'étais loupé à Valenciennes. À Lille, je n'avais pas le droit de me louper. Je devais faire comprendre aux gens qu'il ne s'agissait alors que d'un aléa. Après, le statut, c'est la carte de visite. Mais avant toute chose, on nous demande d'être performants sur le terrain. Je dois en être à 90 matches de L2 mais 190 de L1. D'ailleurs, je connais plus la L1.
Vous avez vraiment pris du plaisir cette saison ?
Je suis comme un gosse, d'ailleurs je suis un grand enfant. Je profite de tous ces moments comme l'adolescent qui jouait avec ses copains en cinq contre cinq. Gamin, je rêvais de devenir professionnel en me rendant à Saupin. Je suis un rêveur qui vit ses rêves. Attention, pas celui qui se trouve sur une autre planète ! Nantes, c'est ma première montée. Ça va tous nous marquer à vie. C'est ma meilleure saison. J'ai pris du plaisir tous les jours à venir m'entraîner, quitte à ne pas mettre un pied devant l'autre et à rentrer dépouillé à la maison. Les vacances vont me faire du bien mais j'ai également hâte de repartir sur les terrains. Depuis Troyes, je n'avais pas vécu un tel bonheur. Il y a eu des moments magiques. Brest, je l'associe par exemple à la naissance de ma première fille. Je n'ai jamais dissocié vie personnelle et sportive.
Comment avez-vous vécu votre cohabitation avec les deux jeunes, Guy-Rolland N'Dy Assembé et Vincent Briant ?
J'ai profité de leur enthousiasme, de leur envie de travailler. J'espère avoir pu leur faire profiter de mon expérience. Il fallait voir comment on se tirait la bourre dans les spécifiques gardiens. Il a existé un grand respect aux autres dans le travail. Il faut y associer Franck Chaumin dont les dirigeants ont souhaité qu'il revienne à la formation.
Comment avez-vous vécu ces dernières semaines avec les annonces de la possible arrivée de Rémy Vercoutre ?
J'ai essayé de rester sur l'objectif montée, en même temps dans cette période tu es sollicité et par moments ton esprit peut se détacher du terrain. ce n'est pas anodin. Ça peut peser. La meilleure manière et la seule qui s'offre à toi, c'est de répondre sur le terrain. Tu ne peux pas répondre aux bruits. Et puis, les bruits ne sont pas des certitudes. Moi, c'est clair, je repars avec le FCN. Mon envie est d'être présent dans les buts, de jouer. J'ai toujours soif. Je ne lâcherai pas.